Sidération

Depuis les événements du 11 janvier et ceux du Bataclan nous sommes en état de sidération.

Tous les analystes cherchent des explications rationnelles à cette haine absolue qui nous est manifestée.

Il y a des moments, dans l’histoire, où les affrontements sont vitaux : les convictions, les certitudes ont besoin de faibles arguments pour s’affirmer ; c’est ce qui fait leur faiblesse,  du point de vue de la raison,  et leur force du point de vue de l’action.

La sidération  a une vertu, d’empêcher la haine.

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Montaigne : La vie sans loi

Lien vers Société Normande de Philosophie : Montaigne La vie sans loi de Pierre Manent

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Vous avez dit : « Barbare » ?

Évidemment la décapitation est barbare.

La barbarie c’est l’oubli que nous sommes des êtres humains.

Mais lorsqu’un militaire, depuis l’Amérique du nord, appuie sur un bouton, et avec un écran d’ordinateur, envoie, à partir d’un drone, un missile qui détruit un pick-up avec plusieurs personnes à bord, vous appelez cela : civilisé ?

La barbarie c’est la violence illégitime des autres.

 

 

 

 

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Ecotaxe

L’abandon de l’écotaxe montre :

– que la transition énergétique n’est pas une mince affaire, il y aura des perdants certains, avant qu’il n’y ait de probables gagnants;

– que les rapports de force, liés aux intérêts de quelques uns, deviennent violents et prennent le pas sur le politique, garant de l’intérêt général.

 

La démocratie n’y trouve pas son compte.

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La prostitution impossible

Le délit de racolage va être supprimé. Et le client sera puni.

La prostituée se voit accorder la liberté de proposer son corps au moment même où son client se voit interdire d’accepter son offre.

Se prostituer devient donc impossible !

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Retraite « chapeau »

Le montant de certaines retraites « chapeau » dépasse l’imagination (21 000 000 d’euros, dans un cas récent), et parait  incompréhensible.

Peut-on y trouver un sens ? Pour dépasser les indignations et émotions, il faut remarquer :

– que le montant a été négocié, en amont, avant l’entrée  en fonction du « patron », et qu’il s’est trouvé une assemblée d’actionnaires pour approuver un tel montant, avec toutes sortes de bonnes raisons (rareté, en particulier, de dirigeants d’entreprises de niveau international, modicité des sommes rapportées au coût mensuel par salarié, sans doute de quelques euros );

– que la question de l’utilisation de ces sommes (astronomiques !) est essentielle : il est, en fait, sous-entendu, que de telles sommes seront mieux employées, ré-investies, par un dirigeant que par un collectif de fonctionnaires.

Autrement dit l’émotion suscitée par l’octroi de tels montants à des personnes vient de ce que nous privilégions, de façon inconsciente, leur affectation aux représentants de l’État (fonctionnaires/députés) dont il n’est pas toujours évident que leur choix soit nécessairement plus pertinent.

Deux logiques donc : économie libérale versus économie administrée.

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Symboles

Une lecture du monde uniquement par l’exploration des symboles est-elle possible ?

C’est, en tous cas, le choix implicite, plus ou moins conscient, des politiques ou des rhétoriciens de tous poils.

Les exemples sont nombreux : la retraite à 60 ans, les 35 heures, les boucs émissaires (les immigrés), la pause ou  la refonte fiscale ou son ras le bol ( l’écotaxe), la victoire sportive (le foot !)…

Un symbole est un condensé de sens et d’émotions : il fédère et il embrume en même temps.

Il est la clé des convictions aveugles.

 

 

 

 

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Anglais, première langue ?

Learning, coaching, entertaining, ainsi commence une publicité d’un site de révision pour le bac.

La langue anglaise (américaine, plutôt) est dominante, c’est bien connu.

Elle s’infiltre, comme une inondation d’origine phréatique : insidieuse et brutale; quand elle apparait il n’y a plus rien à faire, c’est trop tard.

De Simply Market à Carrefour Market, de « Free » à « Bip & Go » -péages d’autoroute-, la liste est longue d’un vocabulaire outre-Atlantique qui s’impose, signe de la mondialisation qui est d’abord américaine. S’il existe des mots français (péages pour Bip & Go, par exemple) beaucoup de mots anglais sont là parce qu’ils correspondent à la créativité des sociétés américaines (et anglo-saxonnes) et difficiles à réinventer en français (tout le monde comprend « streaming » ou dans un genre différent « body-building », difficile à remplacer par « flux de données audio-vidéos » ou « construction de son corps par l’activité physique intense ».

On pourrait multiplier les exemples.

C’est pourquoi il est très compliqué de trouver une réponse à ce phénomène : il ne relève pas que d’une mode (au demeurant les français ne sont pas bons en langue étrangère, dit-on) ou d’une absence de volonté de chacun de franciser les termes anglais (voir la facilité d’utiliser « mail » au lieu de « courriel ») mais de l’adéquation de la langue anglaise-américaine à ses productions techniques et culturelles qui entraine son adoption « spontanée ».

Interesting, isn’t ?

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Aplomb des politiques

L’aplomb des politiques se base sur l’efficacité performative de tout discours, quand dire c’est proférer la vérité dès qu’on assène un propos.

Dire que l’age de la  retraite doit être reculée, au motif que la durée de la vie s’allonge, est une vérité aujourd’hui; elle ne l’était pas hier !

L’aplomb des politiques leur permet d’avoir toujours raison.

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Loi de la majorité

Le vote de la loi sur  le « mariage pour tous » soulève le problème – ce n’est pas nouveau – de la validité d’une disposition contestée par la minorité quand elle estime que son caractère novateur  ne relève plus d’une seule modification législative mais d’un changement profond dans les règles  sociales du vivre-ensemble (dans le cas du mariage pour tous, c’est la remise en cause du modèle ancestral de mariage fondé sur le paradigme de la différence des sexes pour être marié).  Mais ici je ne m’intéresse pas au mariage pour tous mais au travers de ce cas paroxystique à la question de la loi votée par une majorité, surtout quand elle est à peine de plus de 50%,  contestée par la minorité.

Il faut remarquer que la majorité des 50% est d’une grande  violence et parfois d’une grande injustice, même si elle est rarement perçue comme telle. Le législateur ne s’y est pas trompé dès lors qu’il impose, dans des cas précis, des majorités bien plus importantes  que 50 % (cas des modifications de la Constitution qui doivent être approuvées par une  majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés, unanimité requise pour certains travaux de copropriété !)  pour être valides. C’est dire la fragilité du vote majoritaire (50.01 % ont raison contre 49.09 !)

 

L’exercice d’un droit, obtenu par un vote contesté par la minorité qui s’y oppose, bien qu’obtenu « légalement » est source d’amertume et de contestations futures. Il exige, pour le moins, pour ceux  qui l’ont obtenu , un devoir d’explication, pour convaincre de  la justesse de son choix, à défaut de l’emporter par adhésion.

Sinon, la loi, obtenue au forceps, sera défaite à la prochaine alternance.

Que d’énergies perdues, au fil des ans, par les clivages produits par les uns, défaits par les suivants, remis en cause, à nouveau, par les suivants. (exemple de la succession des nationalisations et des privatisations dans les 30 dernières années).

La démocratie est l’outil inventé pour permettre de gérer les conflits et les résoudre mais il semble qu’il soit devenu l’outil pour les générer !

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